La création d'une copropriété représente une étape essentielle lorsqu'un bien immobilier est divisé en plusieurs lots appartenant à différents propriétaires. Ce processus, encadré par la loi du 10 juillet 1965, nécessite de suivre un parcours rigoureux allant du diagnostic initial jusqu'à la désignation du syndic. Chaque phase requiert une attention particulière pour garantir le bon fonctionnement futur de la copropriété et assurer une gestion harmonieuse entre tous les copropriétaires.
Les démarches préalables : diagnostic et état descriptif de division
Faire réaliser un diagnostic immobilier complet par un géomètre expert
Avant toute mise en copropriété, il est impératif de s'assurer que le bien immobilier remplit toutes les conditions légales. Le bien doit être en bon état général, sans défectuosité majeure, et ne doit faire l'objet d'aucun arrêté de péril ou d'interdiction d'habiter. Pour les immeubles construits avant 1948, un diagnostic amiante et de saturnisme devient obligatoire. La superficie habitable de chaque lot doit dépasser 14 mètres carrés avec un volume supérieur à 33 mètres cubes. De plus, au moins un quart de la superficie totale doit être constitué de logements classés en catégorie IV selon la loi du 1er septembre 1948.
Les diagnostics immobiliers obligatoires varient selon l'ancienneté de l'immeuble. Pour les constructions antérieures à 1949, un diagnostic plomb est requis, tandis que les bâtiments érigés avant 1997 nécessitent un diagnostic amiante. Le Diagnostic Technique Global devient indispensable pour les immeubles de plus de dix ans, permettant d'évaluer l'état général du bâti et d'anticiper les travaux futurs. Les copropriétés de plus de cinquante lots équipées d'un système de chauffage ou de refroidissement collectif doivent également réaliser un Diagnostic de Performance Énergétique collectif. Ces examens techniques garantissent la conformité du bien aux normes d'habitabilité et de décence, éléments fondamentaux pour la sécurité des futurs occupants.
Définir les parties privatives et les quotes-parts des parties communes
L'état descriptif de division constitue un document fondamental dans la création d'une copropriété. Réalisé par un géomètre expert, ce plan de découpage identifie précisément chaque lot en lui attribuant un numéro unique. Le professionnel mesure avec exactitude les surfaces privatives et communes, établissant ainsi la cartographie complète de l'immeuble. Cette étape technique permet de délimiter clairement ce qui appartient en propre à chaque copropriétaire et ce qui relève de la propriété collective.
Chaque lot se voit attribuer une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes ou millièmes. Cette répartition détermine la contribution de chaque copropriétaire aux charges communes et son pouvoir de vote lors des assemblées générales. La détermination de ces quotes-parts repose sur plusieurs critères comme la surface du lot, son emplacement dans l'immeuble ou encore son niveau de confort. Une fois établi, l'état descriptif de division doit être publié au Fichier Immobilier pour acquérir une valeur juridique opposable aux tiers.
Rédiger le règlement de copropriété et organiser la gouvernance
Établir les droits, obligations et règles de fonctionnement de la copropriété
Le règlement de copropriété représente la pierre angulaire de l'organisation collective. Rédigé par un notaire, un avocat ou un géomètre, ce document définit avec précision les droits et devoirs de chaque copropriétaire. Il détaille la répartition des charges entre les différents lots, précise les modalités d'utilisation des parties communes et encadre les conditions de réalisation des travaux. Le règlement aborde également des aspects pratiques de la vie quotidienne, établissant les règles de bon voisinage et les restrictions éventuelles concernant l'usage des locaux.
Ce document essentiel fixe les règles de fonctionnement de l'assemblée générale, précisant les modalités de convocation, les conditions de quorum et les différentes majorités requises selon la nature des décisions. Il détermine également les attributions du syndic et du conseil syndical, organisant ainsi toute la gouvernance de la copropriété. Une fois rédigé, le règlement de copropriété doit être publié au Fichier Immobilier pour devenir opposable. Les copropriétaires comme les locataires sont tenus de respecter scrupuleusement ces dispositions, sous peine de sanctions pouvant être votées en assemblée générale.

Constituer un conseil syndical pour assister la gestion de l'immeuble
La constitution d'un conseil syndical s'inscrit comme une étape clé dans l'organisation de la copropriété. Cette instance, composée de copropriétaires élus lors de l'assemblée générale, joue un rôle consultatif et de contrôle auprès du syndic. Les membres du conseil syndical assistent le gestionnaire dans l'accomplissement de sa mission, vérifient la bonne exécution des décisions votées et examinent les comptes de la copropriété. Leur présence garantit une transparence dans la gestion et permet aux copropriétaires de s'impliquer activement dans la vie de leur immeuble.
Le conseil syndical constitue un relais privilégié entre les copropriétaires et le syndic. Il peut être consulté sur les projets de travaux, les contrats d'entretien ou toute question relative à la gestion courante de l'immeuble. Cette structure participative favorise une meilleure communication et limite les risques de conflits. La France compte environ dix millions de logements en copropriété sur un total de trente-sept millions, ce qui illustre l'importance de disposer d'organes de gouvernance efficaces pour assurer une gestion harmonieuse de ces patrimoines collectifs.
Désigner un syndic et assurer la gestion administrative de la copropriété
Choisir entre un syndic professionnel ou bénévole pour la gestion quotidienne
La désignation du syndic représente une décision majeure pour la copropriété. Deux options s'offrent aux copropriétaires selon la taille et la complexité de leur immeuble. Le syndic professionnel dispose de compétences techniques et juridiques approfondies, garantissant une gestion rigoureuse des aspects administratifs, financiers et techniques. Un syndic professionnel facture en moyenne entre deux mille cinq cents et trois mille euros pour une copropriété de dix lots, assurant en contrepartie un service complet et une expertise reconnue.
Le syndic bénévole constitue une alternative particulièrement adaptée aux petites copropriétés. Il peut s'agir d'un copropriétaire ou de son conjoint acceptant d'assumer bénévolement la gestion de l'immeuble. En 2021, plus de quatre-vingt-deux pour cent des copropriétés de moins de dix lots avaient opté pour cette solution. Bien que bénévole, ce gestionnaire peut recevoir une rémunération pour ses services et endosse les mêmes responsabilités qu'un professionnel, sans nécessiter de formation spécifique ni de carte professionnelle. Les juges se montrent généralement plus indulgents envers les syndics bénévoles en cas de manquement, reconnaissant leur absence de formation formelle.
Pour élire un syndic bénévole, le candidat doit obtenir l'approbation de la majorité des copropriétaires lors d'une assemblée générale, conformément à l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Un contrat de syndic est alors établi pour une durée d'un à trois ans. Dans le cas d'une copropriété neuve, un syndic provisoire est généralement nommé par le promoteur immobilier, assurant une gestion transitoire jusqu'à l'élection du syndic définitif. Ce mandat provisoire, encadré par l'article 17 de la loi précitée, est limité à environ un an maximum et vise à mettre en place les documents officiels et organiser la première assemblée générale.
Organiser les assemblées générales et tenir le registre national des copropriétés
L'assemblée générale constitue le moment privilégié où les copropriétaires exercent collectivement leur pouvoir de décision. Cette réunion annuelle permet de valider les comptes, d'approuver le budget prévisionnel, de voter les travaux importants et de renouveler ou changer le syndic. La convocation doit parvenir aux copropriétaires au moins vingt et un jours avant la date prévue, accompagnée de l'ordre du jour et du procès-verbal de la précédente assemblée. Pour que les décisions soient valables, un nombre minimum de votants appelé quorum doit être atteint, variant selon la nature des résolutions.
Le syndic assure la gestion de la répartition des charges, effectue les appels de fonds nécessaires au fonctionnement de la copropriété et tient une comptabilité rigoureuse. Il établit les documents obligatoires comme le pré-état daté lors d'une vente et gère l'entretien des parties communes. L'immatriculation de la copropriété au registre national représente une obligation légale permettant d'identifier officiellement le syndicat des copropriétaires. Le syndic doit également ouvrir un compte bancaire au nom de la copropriété et souscrire une assurance responsabilité civile, fortement conseillée pour couvrir les risques liés à la gestion de l'immeuble. La mise en place d'un fonds de travaux obligatoire permet d'anticiper les dépenses futures et de garantir la pérennité du patrimoine commun.





